Abject! “Asile : contrats de travail à vendre” (Le Soir 8/4/2008)

Régulariser des sans-papiers par le travail? Ce n’est encore qu’un point parmi d’autres de l’accord gouvernemental, un simple projet, mais déjà les escrocs sont à l’oeuvre.
Des partrons, des particuliers monnaient un contrat de travail entre 5.000 et 10.000 euros. Soit l’équivalent de six mois ou d’un an de cotisations sociales.
C’est le prix à payer pour que le sans-papier puisse faire valoir le droit à une régularisation de son séjour.
“D’autres options sont proposées, explique Oscar Florès, pour la Crer (Coordination contre les expulsions et pour la régularisation des sans-papiers). Comme le fait de travailler gratuitement en échange d’une promesse d’embauche.”
Les victimes de ces arnaques sont essentiellement marocaines, iraniennes et brésiliennes.
Les employeurs sont de petits patrons, des commerçants ou des particuliers qui ont bien compris les avantages qu’ils pouvaient retirer d’une situation politique pour le moins floue et surtout de l’état de détresse des sans-papiers.
En 2000, lors de l’opération de régularisation des sans-papiers, le même genre de commerce était apparu. A l’époque on vendait de fausses attestations de longue présence sur le territoire. C ‘était alors le sésame pour obtenir le droit au séjour.
Ce que l’on trouve aujourd’hui, ce sont des contrats de travail à durée indéterminée à charge pour le sans-papier de payer à l’avance (ou par tranches mensuelles) quelques milliers d’euros. Puis l’étranger se fera licencier après quelques semaines ou quelques mois ” parce qu’il ne convient pas”.
“Ces patrons savent qu’ils ne risquent pas grand chose, constate l’avocat Georges Henri Beauthier et qu’il y a des gens qui sont prêts à se vendre pour une simple promesse.”
Car pratiquement et politiquement, on n’est nulle part. Le sans-papier ne doit pas seulement disposer d’une promesse d’embauche. Il faut aussi l’accord des Régions pour obtenir le permis de travail et cela peut prendre plusieurs semaines.

… Cela n’empêche pas, signalent les avocats, les arrestations de sans-papiers qui pourraient être régularisés sur base de l’accord gouvernemental.
Les ordres sont signés par le ministre de l’intérieur Patrick Dewael, qui n’est plus compétent en la matière depuis le 20 mars.

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