Parfois -souvent- les publicitaires n’hésitent pas à convoquer des références mastodontes pour nous vendre de la lessive. Ou du fromage. Imaginez le brief, devant le baby-foot, à l’étage des créatifs de l’agence :
- Les gars…
- P’tain, Fred, concentre-toi, t’interromps la partie, là…
- Attends, et si on inventait le chaînon manquant entre Charles Péguy et François Mitterrand ?
Un clocher par-ci, un sillon de terre encore humide par là, un zeste de Force Tranquille par dessus, un slogan qui vous ancre dans le bon sol de France, l’amour du travail bien fait…
Ça fait pas une belle campagne pour le Rustique, ça ? Rajoutez une petite promesse qui ne veut rien dire comme « élaboré avec du lait collecté dans des fermes sélectionnées », au cas où on s’imaginerait que le conducteur du camion-citerne s’arrêterait au hasard. Retrousserait les manches de son bleu de travail, mettrait son galurin en arrière dans un geste à la Gabin :
« Tiens, j’ai l’impression qu’il y a une exploitation agricole là-bas, les vaches ont une bonne tête, je vais prendre un bidon ou deux, on ne sait jamais, et ils vont bien me les remplir, non ? »
Et vous obtenez un camembert « sympathique et original » comme nous l’apprend son fabricant, RichesMonts, qui élabore chaque année 125 000 tonnes de fromages, certes pas Appellation d’Origine Contrôlée (AOC), mais pasteurisés et certifiés ISO 9001, de quoi vous plaignez-vous ?
Une question demeure : les 1600 employés du groupe portent-ils tous une casquette plate comme le pépé sur l’image ?
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