Selon des témoins, deux véhicules et six fonctionnaires de police sont venus chercher vers 16 h 30, heure de la sortie de l’école, les deux enfants, deux cousins que la mère d’un autre élève avait dit avoir vus au guidon de vélos lui ayant été dérobés. Les deux enfants sont restés deux heures dans les locaux de la police à Cenon, commune de la banlieue bordelaise voisine de Floirac, le temps que leurs parents fournissent des explications.
“Mon fils Hicham a été interpellé ici, ils l’ont fait descendre de son vélo, ils l’ont embarqué dans la voiture avec son vélo. Ils ont attendu le petit de six ans qui est arrivé derrière, et ils ont fait la même procédure”, a raconté à la presse, devant l’école, la mère de l’enfant le plus âgé, Aïcha Ouachim. “Moi j’ai été informée par la maîtresse de mon fils Simon, qui a 4 ans et qui est en maternelle. La maîtresse s’inquiétait de ne pas avoir vu Hicham venir chercher Simon, comme il le fait tous les jours”, a-t-elle ajouté, affirmant par ailleurs avoir fourni la preuve que le vélo que conduisait son fils n’avait pas été volé. En l’occurrence, une attestation sur l’honneur d’un ami de la famille, adjudant-chef de l’armée de l’air, indiquant qu’il avait offert le vélo à Hicham l’année dernière.
Olivier Billand, le directeur de l’école primaire Louis-Aragon, où sont scolarisés les deux enfants, a jugé “inadmissible la mise en place d’un tel dispositif policier”. “Ils auraient pu s’adresser à la famille sans attendre la sortie de deux cents enfants pour interpeller devant leurs petits camarades deux élèves de neuf et six ans”, a-t-il estimé.
Lors d’un point de presse organisé à la mi-journée à l’hôtel de police de Bordeaux, le directeur départemental de la sécurité publique (DDSP), Albert Doutre, a apporté son soutien aux policiers. “Je soutiens entièrement et j’assume entièrement jusqu’au bout ce qui a été fait”, a-t-il déclaré, estimant que tout avait été fait dans le cadre “des lois de la République”.
Et bien, elle est belle la “République” !