Nous l’avions oublié, le Traité gravant dans le marbre et contre les peuples, la primauté du Marché, de la libre concurrence et du libre échange, n’est toujours pas en vigueur.
Renonçant à l’illusion démocratique, les parlementaires Hollandais et Français ont annulé unilatéralement les résultats des référendums populaires de 2005 et ratifié le Traité rejeté en 2008. Un seul peuple est encore en mesure de s’opposer à sa mise en place, celui d’Irlande.
Les Irlandais et eux seuls, sont clairement invités à revoter mieux le 2 octobre 2009 qu’ils ne l’avaient fait le 12 juin 2008.
Le problème pour nos oligarques européens est que ce vote intervient au pire moment. Les Irlandais subissent de plein fouet à la fois les rigueurs de l’idéologie libérale imposée par la Commission Européenne et la crise économico-financière causée par cette même idéologie. Une douche froide illustrée par le constructeur informatique Dell (1er exportateur irlandais) qui ferme son usine de Limerick pour s’installer en Pologne. « Une décision bonne pour l’entreprise » comme l’annonce l’un de ses dirigeants, mais difficile à digérer pour l’Irlande.
Les douteux mais incontournables instituts de sondages annoncent la victoire du OUI à 53%. Cela ne rassure pas les tenants du OUI, une semaine avant le référendum de 2008, les derniers sondages donnaient 42 % des intentions de vote pour le OUI contre 39 pour le NON mais finalement, le peuple irlandais avait rejeté le Traité à 53,4%, confirmant les votes des peuples Français et Hollandais de 2005.
Barroso sentant le danger, est venu personnellement porter la bonne parole. Fort de sa récente confirmation à la tête de la Commission, tel un missionnaire du 16ème siècle et dans la bonne vieille tradition colonisatrice européenne, le message délicat qu’il délivre serait du genre : « Tu te convertis ou tu crèves ». Message heureusement accompagné de verroteries destinées à amadouer le sauvage gaélique.
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