Pour Canal+, Paul Moreira a enquêté sur les liens de la firme française avec la dictature. Un travail ardu, dans un pays hypercontrôlé.
(De Rangoon, Birmanie) Je l’appelle Myo. Ce n’est pas son vrai nom. En vérité, je ne sais pas comment il s’appelle. Je ne sais pas où il habite. Je ne connais pas son numéro de téléphone.
Mon unique moyen de le joindre : une carte SIM qu’il a glissée dans son téléphone portable et que j’ai achetée à mon propre nom. Ce sont mes coordonnées à moi que la fille du magasin a notées, l’adresse de mon hôtel qu’elle transmettra au ministère de l’Intérieur. Myo reste invisible.
La police peut bien m’arrêter, fouiller mes notes, m’abandonner déshydraté de trouille dans une cellule saturée de moustiques : je ne sais rien qui leur permettrait de remonter jusqu’à lui. Myo applique les gestes de la clandestinité comme une procédure routinière, sans l’emphase dont le cinéma userait pour camper son personnage.
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Face aux profits les Droits de l’Homme sont de peu de poids.
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