Par Jean-Michel Thénard
Roi de la réduction des dépenses publiques, le Premier ministre britannique a renoué avec le meilleur de la tradition thatchérienne : créer de l’émeute.
Mieux vaut l’éviter comme compagnon de voyage. En un mois, le Premier ministre britannique a dû rentrer deux fois à Londres en quatrième vitesse. La première en juillet, parce que sa proximité avec la famille Murdoch avait mis le feu à la Tamise, la seconde en août, parce que sa politique de rigueur a embrasé la banlieue de la capitale. David Cameron sait rester dans les esprits même quand il est loin des siens.
Qu’il fasse un peu son cinéma, rien d’étonnant. Son nom est le prénom d’une actrice hollywoodienne sexy à tout prix, et il est l’homonyme du réalisateur qui a battu le record d’entrées au box-office mondial avec “Titanic“. Lui aussi explose les chiffres en surfant sur un naufrage. La semaine dernière, le plus jeune Premier ministre de la Couronne depuis deux cents ans a déployé 16 000 policiers dans la capitale britannique, soit cinq fois plus que les effectifs habituels.
Cinq personnes sont mortes, plus de 2 300 ont été arrêtées, les tribunaux ont dû travailler de nuit, un garçon de 11 ans a reconnu le vol d’une poubelle de 57 euros, et la facture globale de quatre nuits de violence devrait dépasser les 225 millions d’euros, selon les estimations des assureurs. La Grande-Bretagne n’avait pas connu d’émeutes de cette importance depuis les années Thatcher. Même cause, même effet, le conservatisme a ça de bon qu’il conserve le meilleur des traditions.
La suite de son article sur : http://altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article17554
Lire aussi : http://www.lesoir.be/actualite/monde/2011-08-12/le-texte-qui-fait-parler-toute-l-angleterre-856416.php
http://www.ptb.be/nieuws/artikel/on-a-pas-fini-dentendre-parler-des-emeutiers-anglais.html
Mots-clefs : Angleterre, austérité, Cameron, crise, inégalités, politique, social, société, travail