Encore, la crise économique. Nous n’allons pas vous jeter de la poudre aux yeux : le ciel est gris, gris foncé. Les pansements que l’économie capitaliste met sur la blessure crise n’apportent pas de solution. La crise revient toujours. Pour analyser cette crise, divers économistes et hommes politiques font aujourd’hui à nouveau appel à Karl Marx, pourtant pointé du doigt depuis des décennies. Pour réfléchir à la nécessité d’une autre société, nous nous adressons aussi à Marx.
“Les riches français seraient prêts à mettre la main à la poche en cette période de crise. Ah bon ? C’est en tout cas la belle petite fable que l’on nous conte depuis que le patron de Publicis, Maurice Lévy, a commis une tribune dans Le Monde.”
Le procès de Charles Hector, avocat et défenseur des droits de l’Homme s’ouvre ce 24 août 2011. Charles Hector est poursuivi par Asahi Kosei, un fournisseur malaisien de Peugeot, Renault/Nissan et Hitachi. Il lui réclame pas moins de 2,3 millions d’euros pour avoir publié sur son blog des informations sur les mauvaises conditions de travail et les menaces de déportation à l’encontre de 31 travailleurs migrants birmans travaillant dans l’usine d’Asahi Kosei.
La Campagne Vêtements Propres (Belgique), Peuples Solidaires (France) dénoncent cette attaque inacceptable contre un défenseur des droits des travailleurs et le manque d’action de la part de Peugeot, Renault/Nissan et Hitachi vis-à-vis de leur fournisseur.
22 août 2011 – Peugeot, Renault/Nissan et Hitachi laissent leur fournisseur violer des droits fondamentaux
« Bien que plusieurs fois interpellées par les organisations malaisiennes et internationales de soutien à Charles Hector, Renault/Nissan, Peugeot et Hitachi n’ont toujours pas pris les mesures qui s’imposent pour s’assurer qu’Asahi Kosei respecte les droits des travailleurs et de leurs défenseurs » explique Jean-Marc Caudron, coordinateur des Actions Urgentes de la Campagne Vêtements Propres.
En avril 2011, la Campagne Vêtements Propres et Peuples Solidaires lançaient un Appel Urgent pour exhorter Hitachi, principal client d’Asahi Kosei, à user de son influence pour que la plainte déposée par son fournisseur à l’encontre de Charles Hector soit retirée. Cet Appel est resté sans réponse. Hitachi refuse tout dialogue avec les organisations malaisiennes et européennes qui l’ont contacté. Peugeot n’a pas réagi à ce jour. Renault/Nissan a signalé avoir pris contact avec Calsonic Kansei afin de s’assurer que Calsonic Kansei, et le fournisseur de ce dernier, Asahi Kosei, respectent les engagements qu’ils ont pris en matière de responsabilité sociale en prenant acte des “Renault-Nissan Corporate Social Responsability guidelines for suppliers”.Asahi Kosei justifie sa plainte par le fait que les informations publiées par Charles Hector feraient peser un risque sur sa relation commerciale avec l’entreprise japonaise Calsonic Kansei. Calsonic Kansei fournit directement Peugeot et Renault/Nissan. Renault/Nissan en est même actionnaire.
Un procès inacceptable !
À deux jours de l’ouverture du procès prévu les 24, 25 et 26 août 2011, la Campagne Vêtements Propres (Belgique) et Peuples Solidaires (France) dénoncent publiquement l’inaction de Renault/Nissan, Peugeot et Hitachi. Asahi Kosei doit :
- abandonner immédiatement et sans condition la plainte pour diffamation déposée à l’encontre de Monsieur Charles Hector ;
- respecter les droits des travailleurs employés dans ses unités de production
Nous voilà à la veille du troisième anniversaire de la chute de Lehman Brothers qui, le 15 septembre 2008, a marqué le début officiel de la crise proprement financière. Une nouvelle crise occupe le devant de la scène, celle de la dette souveraine, et elle est présentée comme totalement indépendante de la première. Il y a surendettement des Etats et ce surendettement serait dû à l’impéritie des gouvernements, à leur laisser-aller en matière de dépenses. Il n’en est rien : la crise de la dette souveraine n’est qu’une prolongation de la grande crise qui a failli emporter le monde il y a trois ans. Avec l’éclatement de la bulle immobilière (en particulier américaine), la dette des ménages est devenue celle des organismes financiers, et celle-ci à son tour est devenue celle des Etats. Un exemple caricatural est celui de l’Etat irlandais, prenant à sa charge les engagements de banques plombées par les actifs « pourris » de la crise financière, essayant de combler un puits sans fond : 29,3 milliards d’euros, par exemple, pour tenter d’assainir la seule Anglo Irish Bank ; 50 milliards d’euros en 2010, soit près d’un tiers du PIB, pour renflouer des banques dont les pertes avaient été auparavant dissimulées |1|.
Cela pourrait être l’histoire d’un économiste, un parmi tant d’autres, qui se tire la nouille, tranquillement, régulièrement, à longueur d’antenne, pour t’expliquer à toi, petit goret ingrat, à quel point tu t’es vautré dans le luxe et la facilité, avec ton SMIC désindexé de la réalité des prix, ta petite vie tout à crédit, tes vacances de branleur au camping des gagne-petit et ton AïePhone le bien nommé, tellement ça te fait mal au cul de penser qu’il t’a fallu allonger un demi-salaire pour pouvoir téléphoner comme tout le monde, pour surtout rester joignable, même pendant tes RTT chez belle-maman. Oui, Frédéric Lordon aurait pu choisir cette sublime trajectoire des donneurs de leçons qui te résume ton destin en sept secondes chrono sur tous les médias qui mentent : maintenant que tu t’es bien goinfré, sale masse laborieuse, il est temps de régler la facture.
À Cologne, en Allemagne, les organisateurs d’une importante foire agro-alimentaire, en octobre prochain, refusent d’accueillir les producteurs de foie gras. Commentant cette offense aux « traditions locales », la presse formatée qui nous censure, rabaisse l’option des décideurs germaniques en affirmant qu’ils « redoutaient les réactions des groupuscules animalistes ».
Le ministre du commerce extérieur du gouvernement conservateur, par ailleurs chasseur, intervient auprès de l’ambassade d’Allemagne, en faveur du foie gras, au nom des 35 000 emplois créés par la filière du produit issu des « nobles traditions rurales Françaises » ! C’est qu’en France, toute pensée prenant en compte l’animal doit être marginalisée, ridiculisée, caricaturée et plus encore bâillonnée. Le gavage des palmipèdes, entre autres, ne doit pas faire l’objet d’un débat sérieux et objectif. S’en préoccuper, ne pas suivre le conformisme grégaire, s’interroger sur ce que le consommateur basique écarte d’un revers de serviette de table, ne pas bêler à l’unisson des paresseux de la conscience, ne saurait être que questionnements de « groupuscules animalistes » !