Par Sophie Chapelle
C’est l’expulsion la plus importante de toute l’histoire du Royaume-Uni. Quelque 86 familles de Travellers irlandais vivant à Dale Farm, à 40 kilomètres à l’est de Londres, sont la cible des huissiers. Alors que ces derniers prenaient position aux côtés de la police le 19 septembre pour faire évacuer le camp, la Haute Cour de justice a demandé aux autorités locales de surseoir à l’expulsion dans l’attente d’une nouvelle audience prévue le 23 septembre.
A lire sur : http://www.bastamag.net/article1745.html
Est-ce vraiment dans ce monde là que nous voulons vivre ?
Les Pierrots (de Georges De Cagliari)
Où se sont perdus
les pierrots lunaires
qui peuplaient la terre
de rêves rendus ?
Il n’y a plus de place
pour les coeurs-volants
et l’ennui délace
les souliers de vent.
Les piégeurs du temps
ont fermé la cage
au vagabondage
des enchantements.
De béton, de pierres,
les pas se font lourds,
les pierrots lunaires
sont en mal d’amour.
Nous n’entendrons plus les violons
fleurir les chemins de chimères,
ni pour les grilles des prisons
pleurer la honte casanière.
Les tziganes ont fermé l’étui
où se fane la fleur des vents,
les quatre horizons meurent d’ennui
quand meurent les engoulevents.
Adieu sanglots doux des fontaines,
adieu danses aux pieds de silex,
il n’est plus pour bercer la peine
que les fadaises des kleenex.
Tziganes, qu’a-t-on fait de vous,
bardés de briques et de portes,
les murs vous font autour du cou
des colliers de musiques mortes !
Écoutez claudiquer le vent
sans frissons et sans vague à l’âme,
des violons brûlent au firmament,
mais où sont les chants des tziganes ?
Les guitares ont dans leur trou noir
le feu des épées de Tolède,
la nuit caresse à n’y pas croire
des éboulis de sons qui saignent.
On croirait voir la mort danser
entre l’amour et les plaies vives,
quand le parfum des orangers
parle plus beau que tous les livres.
Les gitans ne frapperont plus
du talon nos destins de pierre,
ils deviendront des pas perdus
dans quelque ville-muselière.
Pour quel univers, quel matin
à rationaliser les songes,
rayer des lignes de leurs mains
les chemins libres sur le monde ?
Gitans porteurs du crève-coeur
qui résonnait à fleur de flammes,
voici le temps des arpenteurs,
mais où sont les danses gitanes?