Monsieur Moureaux a le coeur déchiré. Et il faudrait le croire. La N-VA doit bien rire de voir ses exigeances mises en oeuvre par le PS. Le MR et le VLD se frottent les mains, ils ont perdu les élections et mène la danse politique : pas toucher aux plus riches mais ponctionner ce qui reste au moins nantis ! Mais les vrais “maîtres” sont les agences de notations devant lesquelles nos politiciens baissent leur pantalon.
Pour Philippe Moureaux, vice-président du PS, les réformes sont cruelles mais indispensables. Il appelle le gouvernement à rétablir le dialogue social.
Nous acceptons difficilement de regarder la réalité en face. Nous préférons souvent nous persuader, sans en être totalement convaincus, que tout ce à quoi nous avons été attaché dans le passé est toujours présent et le sera encore demain. Ainsi, nous croyons que ce que nous nommons communément société existe encore. Bien sûr, nous entendons dire que nous sommes gouverné désormais par une oligarchie, que l’État partout se désengage de ses missions traditionnelles , que les citoyens ne sont pas consultés à propos des affaires sérieuses de la Cité. Mais, sous ces arguments pertinents nous espérons pouvoir encore distinguer une société attendant son heure pour redevenir pleinement elle-même. Affirmons-le enfin : cet espoir n’est plus de mise. La société est en voie de disparition.
Le principal agent de cette disparition est l’abandon de l’intérêt général au profit de la satisfaction d’intérêts particuliers à la puissance chaque jour renforcée.
Ce questionnement pourrait s’appliquer à tant d’autres pays. Mais la “société” c’est nous aussi, à nous de nous battre pour une société plus juste et plus solidaire.
« Des milliers d’emplois ont sciemment été sacrifiés par l’État », accuse un patron breton de la filière photovoltaïque. Il fournit à l’appui, l’enregistrement d’une édifiante conversation avec la ministre de l’Écologie. [http://altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article18638
Ils sont 1,6 million de fauchés qui renoncent à affronter les démarches pour le toucher. Soit par découragement, soit par manque d’infos… soit par choix. Le discours sur le cancer des assistés va prendre du plomb dans l’aile : non, les pauvres ne pompent pas les finances de l’État jusqu’à la moelle. C’est le très officiel rapport du Comité national d’évaluation sur le RSA, remis ce 15 décembre à Roselyne Bachelot, qui le démontre.
Plus de 1 million de foyers qui vivotent avec quelques heures de boulot et pourraient donc toucher un complément de RSA (Revenu de Solidarité Active) ne le réclament pas. Un million ! Soit les deux tiers des ayants droit qui regardent passer les plats. Idem pour les chômeurs en fin de droits. Ils sont 1,8 million qui ne bossent pas du tout et pourraient bénéficier d’un RSA complet. Mais plus d’un tiers – 650 000 – ne le demandent pas. Et ils y perdent : pas vraiment gloutons, ces pauvres laissent ainsi filer 249 euros par mois en moyenne. « On est loin du discours selon lequel les gens grappillent un maximum d’aides », ironise Nicole Maestracci, représentante des associations au sein du Comité national d’évaluation.
Pendant que le gouvernement s’apprête ce jeudi à forcer un vote sur la réforme des pensions pour la grande majorité de la population, et devant le flot de critiques contre leur propre système de pensions, des partis politiques au Parlement évoquent une réforme de leur système de pension. « De la poudre aux yeux », estime le PTB.
Quelques semaines après la prestation de serment du nouveau gouvernement, il est temps de voir quels sont les antécédents de nos nouveaux dirigeants (même si la plupart ne sont pas si neufs que ça). Extraits de leur casier (qui devrait être) judiciaire.
En 2003, dans “Escadrons de la mort, l’école française”, Marie-Monique Robin racontait comment la France, à partir de la fin des années 50, fit profiter la junte argentine de ses méthodes de torture et de répression expérimentées en Indochine et en Algérie. Son film étant considéré comme pièce à conviction, la journaliste était citée à comparaître en février lors de procès contre des anciens tortionnaires. Nous l’avons accompagnée.
Le 7 février, devant le tribunal de Mendoza. Une haie de policiers armés de talkies-walkies est déployée au pied de l’escalier menant au bâtiment fédéral brun et ocre jaune. A côté des marches flotte une banderole à l’effigie des morts et disparus de la région. Dans cette province proche de la cordillère des Andes, l’Argentine purge sa mémoire. Ce jour-là, on juge dix-huit militaires et policiers qui travaillaient sous les ordres de Luciano Benjamín Menéndez, ex-responsable du troisième corps de l’armée, et l’un des généraux les plus sanguinaires de la dictature qui sévit de 1976 à 1983.
La croissance est en berne. Les politiciens agitent le fumigène pour masquer leurs échecs. Les médias distraient l’opinion publique et, loin de s’indigner, de se révolter, les foules serviles se ruent dans les super-marchés et pire encore dans ces hideuses stations de montagnes, agressions contre la nature qu’elles polluent. Les marchés de Noël occupent les places avec leurs pacotilles vaines et les marchés, maîtres du monde, courbent les peuples sous leurs jougs insidieux.
Les crises sont essentiellement vécues dans les médias. Pour beaucoup, elle ne sont que des abstractions légèrement anxiogènes mais nullement déterminantes dans les comportements. D’ailleurs, les sondages, méthodes scientifiquement fiables d’appréciation de l’état de l’opinion, révèlent ce défaut de prise de conscience des faits par nos contemporains. Une telle prise de conscience impliquerait que le parti UMP, porteur des méfaits dont souffre cette société, ne recueillerait plus que 1 % des intentions de votes. Le mal réside dans l’exacerbation par la société contemporaine de la cupidité, tare naturelle de l’humain mais tare portée à l’outrance par le système économique et politique en place ici et ailleurs.
On a beau devenir vieux et se dire qu’on en a vu pas mal : on a de la marge. Au Japon, le cynisme politique et économique atteint la force 9 sur l’échelle de Richter. Sous prétexte de renflouer l’économie des ports ravagés par le séisme et le tsunami du 11 mars 2011, le gouvernement nippon décide d’utiliser de façon ahurissante une partie de l’argent promis aux victimes, y compris par des donateurs étrangers. Il l’emploie à réarmer sa flotte baleinière à destination de l’Antarctique. Nombre de Japonais savent que c’est pour faire oublier la radioactivité du lait autour de Fukushima. Ou pour cacher le fait que d’énormes masses d’eau contaminée ont été déversées dans la mer. Ou pour ne pas ébruiter le fait (établi par une récente commission d’enquête gouvernementale), que ce qui a détruit les circuits de refroidissement des réacteurs, ce n’est pas le tsunami (comme Nicolas Sarkozy et d’autres en reprennent l’antienne), mais bel et bien le séisme lui-même : la centrale n’était pas assez solide (Tricastin ou Fessenheim, suivez mon regard)…