Opération Moïse : rapatrier les Falashas.

La Une – 22h05 – jeudi 23/10   documentaire de Radu Mihaileanu

« On m’a emmené quand j’avais onze ans. Je n’ai pas pu dire au revoir à mes parents. Quand j’ai découvert Jérusalem, je ne pouvais pas accepter qu’elle soit comme cela. Où était mon rêve ? Ils nous ont fait entrer dans un drôle d’immeuble, vétuste. Ils nous ont fait prendre un bain et puis essuyé. Et ils ont fait saigner nos sexes. Une véritable atteinte à la pudeur. Je comprenais qu’il se produisait quelque chose d’anormal. Il a fallu longtemps pour comprendre ce que l’on me disait : « Tu n’es pas juif ».

La barbe du témoin est blanche aujourd’hui, mais ses larmes coulent toujours quand il se souvient. Il faisait partie des 50 premiers enfants éthiopiens qui sont entrés en Israël pour apprendre l’hébreu. En 1960, une des priorités d’Israël était de faire revenir des Juifs du monde entier en Terre sainte, sauf les Ethiopiens, non reconnus comme des Juifs à part entière.

Ce sont les premiers signes de ce qui deviendra, quatorze ans plus tard, « l’opération Moïse ».

Alors que la famine sévit, des juifs d’Ethiopie, ou Falashas, commencent à être rapatriés par petits groupes. Mais très vite les transferts se muent en un exode incontrôlable. Des milliers d’Ethiopiens partent à pied vers le Soudan, pays soumis à la charia où tout juif est en danger de mort. C’est une catastrophe humanitaire.

Le documentaire ne masque pas les aspects les plus sombres de la longue marche des juifs éthiopiens. La  misère, la maladie, l’attente interminable et les quantité de morts. Il dévoile aussi les différents acteurs de l’événement, et les laisse parler, de manière choquante parfois, émouvante souvent. Il montre les différentes pistes, parfois étonnantes, imaginées pour le transfert de ces marées humaines, comme l’ouverture d’un camp de touristes au Soudan pour servir de couverture au trafic, ou les transferts maritimes très dangereux et enfin les expéditions aériennes, aux escales innombrables. Celles-ci seront finalement rendue possible grâce à l’aide du propriétaire de la ETA, lui-même juif de Belgique.

Du 22 novembre au 2 janvier 1985, 47 vols vont rallier Khartoum à Israël via Bruxelles. Ils vont permettre à 8.600 réfugiés éthiopiens de rejoindre leur Terre promise.

L’opération secrète sera révélée dans la presse. Le Soudan, qui avait secrètement autorisé « l’opération Moïse », va ordonner de l’interrompre sous la pression des pays arabes. Elle sera ensuite reprise par les USA.

Pour près de 10.000 personnes, le rêve se réalise, celui de Jérusalem. 4.000 autres ont péri au cours du voyage.

(Le Soir – A. Dg. – 23/10/2008)

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