« A la guerre on fabrique des hommes morts et, pour les camoufler, on les appelle des héros. » (Alice Fernay)

Le champ d’honneur.

Ayant obligé l’homme de la terre
A quitter l’outil des labeurs féconds
Pourquoi s’étonner du train militaire
Qui va chez les morts emplir ses wagons ?
Pourquoi, franchement, ne pas dire au monde
Ce que chaque jour gémit notre coeur :
« Le champ dévasté par la guerre immonde
Est un abattoir plus qu’un champ d’honneur. »

Ayant obligé les hommes des villes
A suivre au charnier l’homme des sillons
Pourquoi mépriser les « hordes serviles »
Dont « les étendards sont des guenillons » ?
Pourquoi de grands mots, de formules creuses
Travestir des faits qui nous font horreur ?
Le champ moissonné par les mitrailleuses
Est un abattoir plus qu’un champ d’honneur.

Ayant obligé l’artiste qui râle
A laisser mourir son rêve chantant,
Pourquoi déplorer la chute brutale
Des temples bâtis par la foi d’antan ?
Pourquoi célébrer la « grandeur du geste »
Qui dans l’autre camp sème la terreur ?
Le champ qu’aux vautours dispute la peste
Est un abattoir plus qu’un champ d’honneur.

Ayant obligé des mains fraternelles
A rougir de sang les fleurs du chemin
Pourquoi poudrer d’or les funèbres ailes
Qu’ouvre en plein azur le mensonge humain ?
« Temps nouveaux », « Progrès », « Liberté », « Justice » ?
Le champ qu’ouvre aux gueux leur vain sacrifice
Est un abattoir plus qu’un champ d’honneur.

(Eugène Bizeau – 1922)

Petits morts du mois d’août

La grève des mères

« Un massacre entre gens qui ne se connaissent pas au profit de gens qui se connaissent et ne se massacrent pas. » (Paul Valéry)

Champ d’honneur

« S’il y a quelque part des hommes humains on n’a qu’à crier « patrie », et tout le monde se mord. » (Barbusse)

A tous les enfants

Tu n’en reviendras pas

« Les guerres sont livrées pour savoir qui possède la terre, mais au bout du compte c’est elle qui nous possède. Celui qui ose affirmer la posséder ne repose-t-il pas sous elle ? (Cochise)

« – Des légions d’hommes frappés dans leur chair pour la plus grande gloire de ministres, banquiers, généraux, agents de change et autres pères de la patrie, étaient restés mutilés et handicapés à vie au nom de la liberté, de la démocratie, de la nation, de la race et du drapeau. (Carlos Ruiz Zafon – Marina)

https://the-dissident.eu/lassaut-de-tardi-grange-contre-guerre/

Laisse-moi passer, sentinelle

A la guerre comme à la guerre

« En temps de paix, les fils ensevelissent leurs pères; en temps de guerre les pères ensevelissent leurs fils. » (Hérodote)

http://www.lalibre.be/galerie/le-dubus-53182ad335704b2d2766d026

Publicités

Étiquettes : , ,

2 Réponses to “« A la guerre on fabrique des hommes morts et, pour les camoufler, on les appelle des héros. » (Alice Fernay)”

  1. hobo-lullaby Says:

    Salut Anne-Marie

    très beau florilège
    je t’envois une petite contrib

    Les paroles sont là

    https://www.lacoccinelle.net/292402-the-pogues-the-band-played-waltzing-matilda.html

    bise

    Serge

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s