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Les gardiennes de la forêt amazonienne sont menacées

juillet 16, 2019

L’Amazonie abrite des centaines de communautés indigènes, des milliers d’espèces et la moitié des forêts tropicales du monde, la protection de ce territoire nous concerne tous et toutes. Le collectif de Femmes amazoniennes d’Equateur lutte depuis des années contre l’exploitation pétrolière, minière et forestière, qui représente souvent une menace pour l’environnement et les droits des populations indigènes. En 2018, une série d’attaques violentes a ciblé 4 membres de ce collectif, cheffes dans leur communauté, Patricia Gualinga, Nema Grefa, Salomé Aranda et Margoth Escobar : menaces de mort, attaques par jets de pierres, incendie criminel, etc.

Bien qu’elles aient toutes porté plainte, le bureau de la procureure générale n’a pris aucune mesure pour enquêter efficacement sur ces attaques et pour accorder des mesures de protection à ces femmes. Par conséquent, elles risquent leur vie et celle des membres de leur famille en menant leur travail légitime et important de défenseures des droits et de l’environnement.

Cependant aujourd’hui nous pouvons agir ! Le Président Moreno s’est engagé en 2017, lors de sa campagne présidentielle, à protéger ces femmes courageuses. La Procureure générale, Diana Salazar, investie en 2019, s’est également publiquement engagée à restructurer l’institution et à faire de la défense des droits humains l’une de ses priorités.

Le 09 août prochain, journée internationale des droits des peuples autochtones, le Collectif des Femmes amazoniennes remettra au Président et à la Procureure générale cette pétition. Nous avons un mois pour collecter un maximum de signatures et ainsi faire pression sur les autorités équatoriennes pour qu’elles rendent justice et protègent efficacement ces femmes défenseures ! A vous de jouer !

JE SIGNE LA PÉTITION : https://www.amnesty.fr/liberte-d-expression/petitions/justice-et-protection-pour-les-amazoniennes-qui-defendent

Le travail de défense des droits humains liés à l’environnement est l’une des formes de militantisme les plus dangereuses qui peut avoir des conséquences mortelles. Selon l’ONG Global Witness, en 2017 – la dernière année pour laquelle elle dispose de statistiques- 207 défenseurs de l’environnement ont été tués pour avoir défendu leurs terres, la vie sauvage et les ressources naturelles. En 2017, la grande majorité d’entre eux vivaient en Amérique du Sud, qui est ainsi pour ces défenseurs la plus dangereuse région du monde.

Pourquoi c’est le moment d’agir ?

Depuis sa création, le collectif de Femmes d’Amazonie fait appel à l’État équatorien afin qu’il mette fin aux activités mortifères des sociétés pétrolières et minières opérant sur les territoires ancestraux de leurs communautés. Le collectif s’est notamment fait connaître en 2013 avec l’organisation d’une série d’actions d’interpellation pacifique à travers le pays (marches, sit-in, etc.) pour empêcher une compagnie pétrolière de s’installer sur un territoire occupé par deux communautés indigènes (Tagaeri et Taromenane) en isolement volontaire. L’administration Correa, l’ancien Président d’Equateur, a organisé un « lynchage public » de ces femmes, afin de décrédibiliser leur mouvement et par conséquent la cause pour laquelle elles se battaient. Le changement de rhétorique, et les promesses répétées de la nouvelle administration du Président Moreno de protéger les défenseurs des droits humains, représentent une occasion unique d’exiger que ses promesses se traduisent en actes concrets.