Posts Tagged ‘résistance pacifique’

“Nous nous battons pour la vie » : Interview de Manal Tamimi

juin 14, 2018

Interview de la tante d’Ahed Tamimi réalisée avant l’assassinat d’Azzedine Tamimi, qui relate l’incroyable violence et constant harcèlement contre tout le village de Nabi Salah, par l’armée israélienne.

La suite sur : http://europalestine.com/spip.php?article14385

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Chasse à l’enfant.

juin 5, 2013

Samedi 1er juin, l’armée israé­lienne a pla­cardé sur les murs du village pales­tinien de Kafr Qaddoum [1] , des affiches avec les photos de quatre enfants du village, âgés de 10 à 14 ans. Chaque photo com­porte une ins­cription en arabe : « Nous sommes l’armée. Faites attention, nous vous attra­perons si nous vous voyons ou nous vien­drons chez vous ».

Ces agis­se­ments consti­tuent une vio­lation gros­sière des droits les plus élémen­taires des enfants tels qu’énoncés dans Convention relative aux droits de l’enfant adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU le 20 novembre 1989, convention ratifiée par la France le 7 août 1990 et par Israël en 1991.

Ces agis­se­ments sont révé­la­teurs du com­por­tement des forces d’occupation israé­liennes quand elles doivent faire face, comme à Kafr Qaddoum à la résis­tance paci­fique et déter­minée d’un village qui défend ses terres contre des colons qui veulent les lui voler.

Nous attendons du gou­ver­nement français qu’il demande compte de tels agis­se­ments aux auto­rités israé­liennes pour que soient prises des sanc­tions sévères contre les auteurs de tels faits.

Le 05 juin 2013

[1] Kafr Qaddoum est connu pour la vio­lence des colons voisins qui, avec la com­plicité de l’armée, y ont attaqué les vil­la­geois avec des chiens

Five Broken Cameras.

novembre 28, 2012

Par Pierre Foglia  

T’as aimé ça ? J’étais dans le hall de l’Excentris, où je venais de voir Five Broken Cameras – cinq caméras brisées -, un documentaire qui raconte l’injustice et l’humiliation faites aux habitants d’un petit village de Cisjordanie par les Israéliens. Une heure et demie de lourde oppression. Non, je n’ai pas aimé ça. Personne ne peut voir des gens se faire écoeurer à ce point-là et aimer ça. Tu sors de là avec l’envie de hurler.

La suite à lire sur : http://www.legrandsoir.info/a-hurler.html

 

 

« Un jour, ils viendront te chercher ».

août 25, 2010

Janan Abdou

Il m’arrivait souvent de dire à mon mari : « un jour, ils viendront te chercher« . Mon mari, Amir Makhoul, président du Comité Public pour la Protection des Libertés Politiques initiait une campagne de sensibilisation contre le harcèlement continuel que les services de sécurité israéliens infligent à notre communauté, les Palestiniens Citoyens d’Israël.

Ils vinrent chercher Amir. Tard dans la nuit, ce mois de mai, en frappant à coups redoublés à notre porte, en terrifiant nos deux filles adolescentes et en plongeant notre maison dans un désordre indescriptible. Je viens maintenant de rejoindre les rangs des femmes palestiniennes, des milliers dans les territoires occupés et au sein d’Israël, dont les maris croupissent dans les prisons israéliennes. L’audition d’Amir, le 13 juillet – qui n’est rien d’autre que de la persécution – menace d’être le début d’un long cauchemar judiciaire qui nous fera vivre l’horreur de la séparation pendant de longues années. Tel est le cours qui se dessine immanquablement, à moins qu’Amir bénéficie d’un procès équitable et que ses déclarations premières, arrachées par la force, soient rejetées ou annulées par la Cour.

« Les démocraties n’ont pas peur de leur propres peuples« . C’est ce qu’a affirmé la Secrétaire d’État Hillary Clinton dans son discours du 03 juillet en Pologne lors de la rencontre célébrant le dixième anniversaire de la Communauté des Démocraties. »Les démocraties reconnaissent aux citoyens la liberté de s’associer et d’agir afin de promouvoir leurs causes« . Mais le chef suprême des Services de la Sécurité Générale d’Israël a un point de vue différent . Il y’a trois ans, il déclarait que les efforts d’organisation des citoyens palestiniens oeuvrant en vue de l’égalité constituaient « une menace stratégique » même quand ils se font dans le respect de la loi. Cette déclaration est contraire au principe même de la démocratie. Nous ne sommes qu’une minorité de vingt pour cent mais ce fait ne saurait nous priver du droit de nous organiser et d’agir par tous les moyens légaux afin d’obtenir l’égalité et la jouissance pleine et entière de nos droits civiques. Ce droit est intangible. Telle est la conviction profonde de notre communauté. Le Comité Public que présidait Amir a été fondé dans le cadre du Haut Comité de Suivi pour les Citoyens Arabes d’Israël, l’organisation de coordination d’ensemble de notre communauté qui occupe une position vitale en tant que premier défenseur de nos droits civiques.

Amir doit maintenant faire face aux accusations les plus graves qui aient jamais visé un Palestinien citoyen d’Israël depuis la création de l’État en 1948. Il est accusé d’être un espion (au service de Hezbollah, un groupe militant libanais) et d’avoir des contacts avec un agent étranger. Son procès durera probablement des mois. Après son arrestation, Amir fut détenu incommunicado pendant 21 jours et torturé. Cela permit aux officiels israëliens, en le privant de sommeil, en le ligotant dans une position douloureuse à une petite chaise et en lui interdisant tout contact avec ses avocats, de lui arracher la « confession » sur laquelle reposent toutes les charges dressées contre lui.

Amir rejette toutes ces accusations. Dans sa première lettre envoyée de la Prison de Gilboa, il écrit « je fus contraint de leur expliquer comment, très précisément et dans le moindre détail, je fis des choses qui n’eurent jamais lieu« . Il continue : « Et si l’accusation a besoin de plus de « faits » afin d’appuyer son dossier, il lui suffira d’utiliser l’arme bien connue de l’information classée « secret-défense » à laquelle ni mon avocat ni moi-même ne peuvent, selon la loi, avoir accès« . Un thème central du discours de Clinton à Cracovie est la société civile. Amir est un activiste de la société civile. Il dirige Ittijah, la Fédération des Associations de Collectivités à Prédominance Arabe, une coalition qui rassemble 84 organisations non-gouvernementales. Clinton a critiqué plusieurs États qui pratiquent l’intimidation et l’assassinat, en citant leurs noms mais en oubliant celui Israël. Pourquoi le grand élan de l’Amérique en faveur des Droits de l’Homme se fige-t’il quand il s’agit d’Israël ?

Tout au long de sa vie, Amir a lutté pour les droits des Palestiniens, Palestiniens citoyens d’Israël – que frappent plus de 35 lois écrites discriminatoires – et Palestiniens dans leur ensemble. Il est doué de la capacité de rassembler les points de vue autour des grandes causes par delà les clivages idéologiques et sectaires. Ce sont ses capacités comme organisateur de la lutte, à l’échelle locale, arabe ou internationale, capacités mises au service d’une vison stratégique claire, que les services de sécurité israëliens tentent de réduire au silence. Il faut encore citer une cause notable de la fureur des services de sécurité israëliens à son égard : la forte attraction qu’il exerce sur la jeunesse en tant que dirigeant politique et l’espérance qu’elle met en lui. C’est ce que ces services ne manquèrent pas de lui dire quand ils l’enlevèrent pour l’interroger, à l’époque du mouvement de protestation de notre communauté contre l’attaque israélienne de Gaza de décembre 2008-janvier 2009.

Pendant cet interrogatoire, ils menacèrent de le neutraliser à leur manière s’il s’entêtait à poursuivre son activité. « Il nous est facile de faire de vous un « disparu ». Sachez que la prochaine fois que nous mettrons la main sur vous, vous ne reverrez pas votre famille pendant longtemps. » Les rares fois où il nous fut permis de lui rendre visite, une vitre épaisse nous séparait alors que des appareils enregistraient notre rencontre. Amir me demanda un exemplaire de mon dernier livre afin qu’il puisse le lire pendant sa détention mais cela lui fut catégoriquement refusé. Mes filles souffrent cruellement de l’absence de leur père. Elles me disent souvent « si au moins on nous avait permis de l’enlacer, de l’embrasser avant qu’ils l’emmènent« . Ne pas pouvoir l’embrasser, c’est de cela que souffrent le plus mes filles.

Amir souffre toujours de la torture et des mauvais traitements qu’il a subis. Leur but est de briser son esprit de résistance. Seules 20 personnes seront admises à la salle d’audience du tribunal alors que celle-ci peut en accueillir beaucoup plus. Quand il constatera que la salle est presque vide, il pourra être entraîné à croire que personne ne se soucie de lui. Pourtant rien n’est moins éloigné de la vérité, car d’innombrables personnes – sa famille, des activistes de base, des femmes et hommes politiques ainsi que des sympatisants du monde entier – veulent assister à l’audience mais en seront, dans un dessein précis, empêchées.

Aux côtés d’Amir, je me suis toujours sentie commme une compagne dans la vie et dans la lutte plutôt que comme une « épouse« . Mais à présent, alors que j’attends parmi les autres épouses le temps de visite qui nous est imparti, je me surprend à méditer ce serment du mariage traditionnel chrétien : « Ce que Dieu a uni, nul homme n’est autorisé à le défaire« . Nul homme, à moins qu’il soit geolier israëlien.

Janan Abdou est travailleuse sociale et militante féministe. Elle est chercheuse au sein de Mada El Carmel, le Centre Arabe pour la Recherche Sociale Appliquée sis à Haïfa.

orleansloiretpalestine.org

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